Le président sortant Luiz Inácio Lula da Silva remporte le second tour de l’élection présidentielle au Brésil, ce dimanche 25 octobre, avec 51,76 % des voix contre 48,24 % pour Flávio Bolsonaro, selon les résultats du Tribunal électoral, portant sur 99,77 % des bureaux de vote. Distancé au premier tour, le candidat du Parti des travailleurs (PT) obtient un quatrième mandat et maintient le Brésil à gauche.
L’écart atteint près de 4,35 millions de voix : 64 078 503 pour Lula, contre 59 728 246 pour son adversaire d’extrême droite. Trois semaines plus tôt, Flávio Bolsonaro était pourtant arrivé en tête avec 47,03 % des suffrages, soit 56,1 millions de voix, contre 45,16 % et 53,9 millions de voix pour Lula. Le président sortant renverse donc une avance d’environ 2,2 millions de voix.
Le scrutin s’est déroulé dans un climat tendu. Cristiano Zanin, juge à la Cour suprême, a prolongé de deux heures l’ouverture des bureaux de vote, à la demande de la campagne de Lula, qui invoquait des perturbations des transports publics.
En conservant le Brésil, la gauche latino-américaine garde sa principale puissance économique et démographique. Elle forme désormais, avec le Mexique de Claudia Sheinbaum, l’un des rares contrepoids au bloc de gouvernements de droite et d’extrême droite qui s’est constitué depuis 2023.
Une campagne d’entre-deux-tours sous pression
Arrivé deuxième le 4 octobre, Lula a profondément modifié sa stratégie. Le président sortant, qui avait boudé des débats au premier tour, a réclamé des confrontations directes avec son adversaire. Le débat organisé par Band, le 18 octobre, a ainsi donné lieu à de vifs échanges sur la corruption et la sécurité publique.
Le gouvernement a également multiplié les mesures destinées aux classes populaires dont l’effacement partiel des dettes des micro-entrepreneurs, la promesse de transports publics gratuits le week-end et l’adoption par le Sénat de la fin de la semaine de travail de six jours. Ces annonces s’ajoutaient à l’exonération d’impôt sur le revenu pour les salaires allant jusqu’à 5 000 réais par mois, déjà en vigueur.
À l’inverse, la campagne de Flávio Bolsonaro a été fragilisée par l’aveu que l’ancien banquier Daniel Vorcaro avait financé, à hauteur d’environ 61 millions de réais (près de 10 millions de dollars), un film sur la vie de son père. Le sénateur fait l’objet d’une enquête pour corruption et blanchiment. Il a en outre promis de chercher une amnistie pour son père, Jair Bolsonaro, qui purge en résidence surveillée (pour raisons de santé) une peine de 27 ans de prison pour tentative de coup d’État.
Le Brésil au cœur d’une vague régionale de droite
Depuis les victoires de Javier Milei en Argentine et de Daniel Noboa en Équateur fin 2023, plusieurs pays ont basculé à droite. José Antonio Kast a pris ses fonctions au Chili en mars 2026. Au Pérou, Keiko Fujimori a remporté le second tour en juin. Puis, en Colombie, Abelardo de la Espriella a battu le candidat de gauche Iván Cepeda le 21 juin, avec 49,66 % contre 48,70 % des voix. Une majorité des républiques latino-américaines sont désormais dirigées par la droite.
L’ombre de Washington
L’administration de Donald Trump a pesé sur la campagne. Elle a imposé des droits de douane élevés sur les exportations brésiliennes et classé les factions criminelles PCC et Comando Vermelho comme organisations terroristes étrangères. Lula a dénoncé des risques d’ingérence.
De son côté, Flávio Bolsonaro a mis en avant sa proximité avec la Maison-Blanche, notamment sur les terres rares, dont le Brésil estime détenir jusqu’à 21 millions de tonnes de réserves, au deuxième rang mondial derrière la Chine. Il nie cependant toute aide du gouvernement américain.
Lula, qui aura 81 ans le 27 octobre, entamera son quatrième mandat en janvier 2027.






















