🔍 2 minutes

Les prix du Kolektif Jèn Solèy (KOJÈS) 2022 ont été décernés aux nommés Ronalson Blanfort et Ernsoule Baltimo pour avoir charmé le jury et le public à travers leurs correspondances sur les mouvements de protestation et de blocage des rues, communément appelé “Lòk”, perpétrés en septembre 2022.

La cérémonie de remise des prix de la première édition du concours épistolaire de KOJÈS a eu lieu le dimanche 30 avril 2023 au Centre pour la Promotion de la Démocratie et de l’Education Participative (CPDEP), à Péguy Ville. Le prix du jury a été décerné à Ronalson Blanfort et le prix public à Ernsoule Baltimo pour avoir raconté leurs vies lors du “peyi-lòk” occasionné par l’augmentation des prix des produits pétroliers et surtout le blocage du terminal Varreux en septembre 2022.

La première édition du concours épistolaire du Kolektif Jèn Solèy (KOJÈS) a été lancé en décembre 2022 autour du thème « peyi-lòk » pour emboîter le pas au mouvement “lòk” occasionné par la hausse des prix des produits pétroliers par le gouvernement d’Ariel Henry ; une décision impopulaire qui a conduit le pays à un énième “peyi-lòk”.

Le concours épistolaire de KOJÈS répond à l’urgence de témoigner les conséquences de ce mouvement qui ressurgit en pleine crise de gouvernance. Litainé Laguerre, coordinateur du collectif en provenance de Cité-Soleil dit avoir fait du concours un lieu pour les jeunes dans les quartiers populaires d’exprimer leurs sentiments sur ce  mouvement (peyi-lòk) qui a barricadé quasiment tous les recoins de Port-au-Prince, où toutes les activités ont été paralysées pendant plusieurs mois à cause de l’augmentation et l’indisponibilité du carburant. Les évènements en sont devenus une source d’inspiration pour les quelques dizaines de témoignages venus de divers quartiers dont chacun aussi personnel que l’autre.

Ronalson Blanfort, étudiant en sciences du langage à la Faculté de Linguistique Appliquée (FLA) de l’Université d’État d’Haïti, a raflé le prix du jury pour son témoignage. Dans une correspondance dans laquelle son grand frère est le destinataire, l’étudiant en linguistique appliquée a dépeint sans ambiguïté le “lòk” de sa banlieue et les recoins de ses zones avoisinantes. Un témoignage poignant. Entre précarité et désarroi, Ronaldson a écrit « larme aux yeux », lettre qui lui a valu le prix du jury au côté de son rival Ernsoule Baltimo qui est récompensé du prix public pour avoir ému la toile par son témoignage tout aussi poignant.

Par ce concours, le collectif des jeunes de Cité-Soleil et le jury constitué entre autres de l’écrivaine Xaviera Raphaëlla Élie et Litainé Laguerre, a voulu libéraliser la parole autour du mouvement de contestation populaire de blocage des rues en période de crise.  « Nous avons lancé le concours pour donner la chance à des jeunes sous-considérés pour leur provenance sociale. C’était l’occasion pour eux de dire leurs mots à l’instar des hommes qui se surnomment des leaders », a lancé Litainé Laguerre dans une allocution lors de la cérémonie de remise des prix , à travers laquelle il a prôné le réveil et l’engagement des citoyens. 


Notons que les deux (2) gagnants des prix KOJÈS 2022 ont reçu entre autres des plaques d’honneur et des kits scolaires. Le jury les a félicités pour la qualité de leurs textes, montrant à la fois leurs capacités de création et leurs engagements pour une nouvelle société.