Avec plus de 99 % des bureaux de vote dépouillés, Flávio Bolsonaro arrive en tête du premier tour de l’élection présidentielle brésilienne. Le sénateur du Parti libéral (PL) recueille 47,04 % des suffrages, contre 45,15 % pour le président sortant Luiz Inácio Lula da Silva. Aucun des deux candidats n’ayant obtenu plus de la moitié des suffrages valides, un second tour aura lieu le 25 octobre.
Dès l’annonce des résultats, Flávio Bolsonaro a revendiqué un vote sanction : « C’est décrété, la fin de l’ère du PT », a-t-il lancé à ses partisans, annonçant vouloir former « un gouvernement moderne, avec moins de ministères ». Du côté de Lula, le constat est plus sobre : le président sortant a reconnu que « le résultat est souvent inattendu », assurant vouloir profiter de cette « prolongation » pour convaincre le peuple brésilien avant le second tour, qu’il a qualifié d’« épreuve de vérité ».
Derrière les deux favoris, Augusto Cury obtient 2,89 % des voix, devant Renan Santos avec 2,24 %, Ronaldo Caiado avec 2,18 % et Romeu Zema avec 0,27 %. Les autres candidats restent très loin des deux premiers.
Au-delà de la confrontation entre Lula et Flávio Bolsonaro, le scrutin brésilien revêt une dimension régionale. Le Brésil est la principale puissance économique et démographique d’Amérique du Sud qui constitue un gouvernement de gauche de la région.
Cette situation a changé au cours des dernières années. L’extrême droite gouverne déjà l’Argentine (Javier Milei, depuis 2023), le Chili (José Antonio Kast, élu en décembre 2025 et proclamé en janvier 2026) et le Brésil lui-même entre 2018 et 2022, sous Jair Bolsonaro. Plus récemment, en Colombie, l’outsider d’extrême droite Abelardo de la Espriella a remporté de justesse le second tour du 21 juin 2026 (49,66 % contre 48,70 %) face à Iván Cepeda, candidat soutenu par le président sortant Gustavo Petro. Une dynamique que Washington encourage ouvertement.
Dans ce contexte, l’avance de Flávio Bolsonaro au premier tour constitue un indicateur important du poids électoral du courant conservateur et du bolsonarisme au Brésil.
L’héritage politique de Jair Bolsonaro : la menace de l’extrême-droite
Flávio Bolsonaro s’appuie sur une partie importante du socle électoral construit par son père, Jair Bolsonaro. Sa campagne a notamment mis l’accent sur la sécurité, la lutte contre la criminalité, la critique du Parti des travailleurs (PT) et la contestation de certaines décisions du pouvoir judiciaire. Il bénéficie également du soutien d’une partie de l’électorat conservateur et religieux.
Son avance au premier tour intervient alors que son père, ancien président du Brésil, est actuellement détenu après sa condamnation dans l’affaire de la tentative de coup d’État visant à empêcher la passation du pouvoir après l’élection de 2022.
Tout se jouera le 25 octobre
Le système électoral brésilien prévoit qu’un candidat doit obtenir plus de la moitié des suffrages valides pour être élu dès le premier tour. Faute d’une telle majorité, les deux candidats arrivés en tête s’affrontent lors d’un second tour.
Avec un écart de 1,89 point entre Flávio Bolsonaro et Lula, le résultat du premier tour ne permet pas de considérer l’issue du scrutin comme acquise. Les voix obtenues par les candidats éliminés seront désormais au centre des négociations et des stratégies des deux camps.
Les trois semaines séparant les deux tours seront donc décisives pour la mobilisation des électeurs, les éventuels ralliements et la capacité de chacun des deux candidats à élargir sa coalition électorale.






















