725 gourdes est le prix fixé par le gouvernement haïtien pour la gazoline. 850 gourdes, le prix du gazoil et 845 HTG celui du kérosène. Ces prix fixés à la pompe sont en vigueur depuis le 2 avril 2026. C’est ce qui ressort de l’avis 25/26-001 du Ministère de l’Économie et des Finances et celui du Commerce et de l’Industrie (MCI).
Dans un contexte où la montée des prix pétroliers entraîne souvent l’inflation, la BRH (Banque de République d’Haïti) a publié un article le 24 mars 2026 afin d’examiner les déterminants de la flambée inflationniste en Haïti.
Révision à la hausse des prix des produits pétroliers
« Instabilité politique et dynamique des prix en Haïti : une analyse par chocs narratifs », est l’article rédigé par Kensley Blaise et Jean Marie Cayemitte de la Direction de la Recherche Économique et Financière (DREF) au sein de la Banque de la République d’Haïti (BRH). Forte d’une dizaine de pages, l’étude explique, à la lumière des dynamiques sociales, la fluctuation des prix sur le marché haïtien au cours de ces dernières années.
Pour les cadres de la BRH, l’année 2020 a marqué le début de la variation à la hausse généralisée des prix des produits dans l’économie mondiale. Pourtant, en Haïti, ils considèrent que tout semble « commencé bien plus tôt, dès 2018 ».
L’année 2018, écrivent-ils, constitue un point d’inflexion majeur pour l’économie haïtienne. Cette situation, d’après eux, est la résultante de la décision prise en juillet 2018 révisant « à la hausse les prix des produits pétroliers ». Une telle décision a provoqué de vives protestations de la société, donnant naissance au mouvement « peyi lock », dont « la répétition chronique a durablement paralysé les circuits productifs », affirment-ils.
Comme conséquences, cette dynamique, selon l’article, a exercé une pression sur le marché des changes, entraînant l’accroissement célèbre des prix. Ce qui a contraint, poursuivent les experts, les autorités à un financement accru pour faire face au déséquilibre budgétaire qui s’est radicalement aggravé.
De 2018 à 2021, la situation inflationniste ne reste pas statique, elle évolue négativement. Et, l’assassinat du Président Jovenel Moïse n’est pas sans conséquence dans cette évolution. Selon les auteurs, les produits deviennent de plus en plus chers avec l’instabilité politique, la crise sécuritaire et institutionnelle.
Crise institutionnelle et instabilité politique persistante
« L’instabilité politique persistante, marquée notamment par l’assassinat du président en 2021 et la crise sécuritaire de 2022-2024, a instauré un climat d’incertitude systémique », documentent-ils.
Ce contexte, suivant le document, marqué par l’insécurité et l’instabilité politique, a affecté l’offre avec la perturbation des chaînes d’approvisionnement. Il a engendré des effets négatifs sur la demande en réduisant le « pouvoir d’achat » de la population.
Bien qu’ils expliquent la dynamique des prix à la hausse par la situation sécuritaire, la crise institutionnelle et l’instabilité politique, les auteurs de l’article n’ignorent pas les « chocs externes ».
Par ailleurs, « la situation inflationniste est aggravée par des chocs externes : hausse des prix internationaux des denrées alimentaires et du pétrole en 2021-2022, baisse des transferts de la diaspora durant la pandémie de 2020 et réduction de l’aide internationale », renforcent-ils.
Ces facteurs, enchaînent dans les cadres du DREF, ont interagi avec les vulnérabilités internes pour produire une inflation en glissement annuel. Cette montée a atteint des pics avoisinant les 20 % en 2019, et 50 % en 2022-2023. L’interaction entre les canaux internes et externes a donc « verrouillé l’économie dans une spirale inflationniste auto-entretenue, caractéristique du nouveau régime observé depuis 2018 », concluent-ils.
Les auteurs ont mentionné qu’ils utilisent trois sources dans la rédaction de leurs articles. Elles sont : la base microéconomique de l’IHSI entre octobre 1998 et août 2024, les données macroéconomiques de la BRH et la base JobPaw de 14 909 offres d’emploi formel (2009-2025).
Dès la première note de bas de page, la précision est posée : la BRH publie, mais se désolidarise. « Ce document reflète les opinions des auteurs et ne représente pas nécessairement la position officielle de la Banque de la République d’Haïti. »





















