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Jeudi 09 mars 2023, il y a eu un grand bouleversement dans le système bancaire américain, plus précisément une faillite prononcée sur la 16ème plus grosse banque américaine annoncée en décembre dernier par le Wall Street Journal, banque aussi considérée comme la plus grande gardienne des entreprises de technologie avec 50% des clients de la Tech. Cette banque, la Silicon Valley Bank (SVB), basée à Santa Clara en Californie sert les start-up[1] technologiques ainsi que les entreprises financées par du capital risque. Cette faillite bancaire est la deuxième plus grosse de l’histoire des Etats-Unis depuis celle de 2008. Elle touche un large secteur qui détient un grand contrôle sur l’évolution moderne de l’humanité et compte parmi ses clients des entreprises comme Spotify, streaming, etc.

Suite à l’annonce faite par le directeur de la banque,Gregory W. Becker, le mercredi soir du 08 mars, concernant la vente de 21 milliards d’actifs ainsi que la cession davantage de ses propres actions pour consolider son bilan, les clients se pressent en foule vers les caisses de la banque pour retirer leurs fonds. Une situation déplorable pour la SVB qui ne pouvait pas faire face à l’ensemble de ces retraits massifs de la part de ses clients.

Selon Le Parisien, la SVB a annoncé jeudi 09 mars qu’elle cherchait à lever rapidement du capital pour faire face aux retraits massifs de ses clients, perdant notamment 1.8 milliard de dollars sur la vente de titres financiers. 35 000 clients, d’après la RFI (Radio France Internationale), redoutaient de perdre jusqu’à la totalité de leur fonds de dépôt dans la banque.

Depuis le vendredi, le jour qui suit le jour de la faillite, les clients de la SVB étaient bloqués ne pouvant pas retirer un dollar de leur compte. Des analyses ainsi que des réflexions ont eu lieu sur cet état de fait : il faut quand même trouver un moyen d’avoir des liquidités pour payer les salariés et continuer ses activités. D’autres banques ont été aussi touchées par la crise : la Silvergate bank, la Signature bank, dans l’ensemble 52 milliards de dollars américains sont perdus ce jeudi 09 mars par 4 banques.

Silicon Valley Bank : son rôle dans le système bancaire américain

Banque créée inconditionnellement pour les Start-up, la Silicon Valley (SVB) est le partenaire financier de l’économie de l’innovation. Cette banque connaît bien le milieu des entrepreneurs et portait son soutien aux petites entreprises dans le processus de recrutement et les conseillait, selon les dires de Joseph DeSimone, professeur de Stanford. Contrairement à toutes les autres banques, la SVB prit le risque en donnant accès à des milliers de jeunes entrepreneurs d’avoir du financement et de pouvoir réussir dans leurs activités. Elle est un acteur clé dans le financement de l’innovation aux Etats-Unis depuis 40 ans, et aussi au Royaume-Unis depuis 18 ans. Cette position prise dans le milieu lui a valu d’être en haut de l’échelle bancaire américaine en étant parmi les 20 premiers et possédant 50% de la clientèle de son secteur. Elle joue le rôle de grand patron des Start-up en assurant leur compte bancaire et en leur favorisant les moyens adéquats pour résister sur le marché.

Eléments considérés comme causes de la faillite

Plusieurs éléments sont considérés comme potentielles causes de cette faillite bancaire, le premier étant la montée instantanée des taux d’intérêts subis par les Start-up. D’autres se suivent comme la détérioration du secteur de la Tech, les difficultés d’approvisionnement ainsi qu’un désintérêt des investisseurs sur fond de guerre en Ukraine. Ce sont là des éléments mis en avant pour expliquer l’expansion de cette crise bancaire survenue en moins de 48 heures.

Le président américain Joe Biden, lui, dans son annonce ce dimanche 12 mars, accuse l’administration Trump d’avoir retiré certaines barrières à l’égard des banques et ce sont ces négligences qui ont conduit à la faillite dans le secteur bancaire américain. Par-là même, il montre quelques points positifs de son gouvernement : diminution du taux de chômage avec la création de 12 millions d’emplois, renforcement des obligations élevées pour protéger les petites entreprises et leurs clients, les salaires sont élevés, de nouvelles entreprises sont créées. D’où, une distinction entre les deux gouvernements qui se suivent et leur impact sur le fonctionnement de la société américaine.

Position de la banque et des autorités indépendantes après la faillite

La SVB avait pour politique de réfuter les actions de l’Etat central dans son secteur. Cette banque fonctionnait avec ses propres moyens et prenait tous les risques. Déjà, cette position consolidait son approche sur son milieu d’intervention. Depuis le jour de la faillite de ce mois-ci, la tendance dans la politique de la banque a changé vis-à-vis de l’Etat central. Ce dernier est intervenu après la faillite suite à la demande même de la banque qui ne pouvait plus supporter les effets de ce grand bouleversement. Des dizaines de milliards de dollars ont été bloqués pour les start-up et les fonds de capital-investissement. Face à ce grand fléau qui semble ravagé le secteur bancaire américain, surtout les banques qui occupent le secteur de la technologie, l’Etat central intervient dans la crise en donnant le contrôle de la SVB à la Federal Deposit Insurance Corp (FDIC) pour empêcher une implosion. Sur toutes les lèvres une seule chanson se clamait : « l’Etat doit intervenir pour aider la banque dans ce moment de crise ».  Cette aide s’analyse sur un plan macro et micro à la fois, elle sera non seulement pour les investisseurs mais aussi pour les salariés de ces entreprises qui doivent recouvrer leur salaire et ainsi procéder à leur reproduction socio-économique.

Le dimanche 12 mars, la secrétaire américaine au trésor a annoncé dans un communiqué de presse que les dépôts à la SVB seront protégés. La panique depuis jeudi doit prendre fin puisque le gouvernement rassure tous les concitoyens de la reprise normale des activités, les comptes des clients seront débloqués. Il n’y aura plus lieu de desservir seulement les clients ayant les comptes inférieurs à 250 000 dollars représentant environ 4% comme c’était annoncé avant (RFI). Sans la reprise ou l’intervention de l’Etat pour renflouer les pertes de la SVB, les vraies victimes auront été les déposant des start-up de 10 à 100 employés incapables de pouvoir verser des salaires et recourant à cette fin au licenciement des employés ou les mettre au chômage technique.

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[1] Jeune entreprise novatrice dans le secteur des nouvelles technologies, sur internet. La start-up est liée à la notion d’expérimentation d’une nouvelle activité, sur un nouveau marché, avec un risque difficile à évaluer.