Plus d’une dizaine de toiles de sujets et d’inspirations différents constituent l’essentiel de cette exposition qui se déroule du 29 octobre au 1er novembre 2026. Du symbolisme au cubisme, en passant par la figuration, l’artiste explore les thèmes de l’amour, de la violence ou des passions comme la musique.


Une peinture qui fait place à des symboles comme la peau ou le regard, ainsi que nous le fait remarquer le peintre lui-même. « Toutes mes œuvres sont traversées par un élément commun : l’œil, m’a fait remarquer quelqu’un. On y retrouve aussi des oiseaux qui sont présents dans plusieurs tableaux. Ce qui y est, bien sûr, de manière inconsciente, je l’avoue ». Toutefois, l’artiste y reconnaît des éléments signature de sa démarche artistique, soulignant son parcours encore jeune. Seulement trois ans dans la création picturale.

Né à Marigot, dans le sud-est d’Haïti, Mario Olivier a grandi à Jacmel où il s’est initié d’abord dans l’artisanat. Il s’oriente ensuite vers la peinture grâce à une formation assurée par le peintre Vady Confident au centre culturel Maurice Cadet de cette ville. Il reconnaît les encouragements de cet éminent artiste dans l’aboutissement de ce projet qu’il prépare depuis trois ans et dont il se dit déjà en être très fier.

« L’idée de départ, c’était d’avoir une trentaine de toiles. J’ai dû me résoudre à une quinzaine par faute d’argent. Je n’ai même plus le moyen d’acheter de la peinture », déclare l’artiste de 34 ans. Une situation qui, contre son gré, l’a forcé à ajourner ce projet et à réduire ses ambitions. Le titre Éclatement du silence exprime pour lui donc ce cri poussé pour briser ce cycle et se mettre dans la lumière en dépit de tout.
Cette exposition s’inscrit entre autres dans un projet du bureau départemental du tourisme du Sud-Est. C’est ce qu’ont fait savoir les responsables. L’activité met en avant l’art jacmélien en présentant, une fois tous les mois, un artiste et son art à travers diverses expositions artistiques. M. Dieuveuil Bazile, directeur départemental du tourisme, a manifesté son contentement lors du vernissage organisé ce vendredi 29 octobre dans les locaux dudit bureau.

Il en a profité pour revenir sur la mission de cette entité dans la promotion et la valorisation des arts et de la culture dans le tourisme. À l’approche du 1er et du 2 novembre, fêtes des morts et des gédés pour les Haïtiens, le responsable cite l’exemple du Bénin avec le Vodoun. Cette pratique culturelle qui s’érige en pôle d’attraction touristique pour ce pays d’Afrique de l’Ouest. M. Bazile a aussi posé la question de l’héritage culturel et de la transmission comme le cœur de ces activités.
Le peintre d’un côté se félicite de cette réalisation et se montre satisfait de la réception du public. Toutefois, M. Olivier reconnaît le manque d’accompagnement adéquat de la part des organisateurs, bien qu’il les félicite de leurs engagements. « Je crois qu’en ce moment, beaucoup d’artistes sont dans l’incapacité de se procurer même les matériels de base comme la peinture. Je me demande comment un tel projet peut et doit les accompagner ? » D’autre part, le créateur voit d’un œil assez critique l’absence de considérations à l’égard des artistes dans la communauté. En surlignant d’une part les difficultés auxquelles font face ces derniers au quotidien. Pour lui, il est important que le public participe au rehaussement des arts et de la culture en mettant les artistes à leur vraie place et en soutenant les activités et les créateurs.






















