Ronald Vital, artiste pluridisciplinaire, est comédien de formation, bibliothécaire à la Bibliothèque de l’Université Quisqueya, médiateur culturel, metteur en scène, scénariste et membre fondateur de G5Ayiti.
Le théâtre est un lieu de vérité. Là, on parle sans langue de bois. Le metteur en scène y contribue par sa magie de la représentation. De ce travail du spectacle, Ronald Vital s’y identifie, en pont entre théâtre et cinéma ; en créateur prometteur.
Ainsi, ses mises en scène sont un mélange de vodou, de rythmes et de chants traditionnels haïtiens inédits, teintés de quelques influences contemporaines. Dans ses créations cinématographiques, l’on retrouve des thèmes qui lui sont chers : l’amour, la prostitution, la justice sociale, le viol ainsi que la violence basée sur le genre.
Petit, près de chez lui, rue Montalais, dans la capitale, Port-au-Prince, il y avait une troupe de théâtre composée uniquement d’étudiants de l’Université d’État d’Haïti (UEH), qui répétait en plein air avec beaucoup d’émotion. Depuis lors, il a commencé à tisser un lien avec le théâtre, sous l’influence de ces jeunes comédiens et étudiants.
« Après les séances de répétitions, à la maison, tout le monde regardait Théodore Beaubrun, dit Languichatte Débordus, à la télévision. C’est ainsi que le théâtre est entré dans ma vie, comme l’amour fou de la lecture depuis ma tendre enfance », se souvient-il.
Il a grandi dans un univers théâtral, ce qui l’a poussé très tôt à devenir comédien. Il a eu la chance de suivre des formations à l’Atelier FranckÉtienne, puis a poursuivi au Théâtre National d’Haïti et au Conservatoire Haïtien d’Art Dramatique (CHAD). « Entre le théâtre et moi, il y a une longue histoire d’amour, jalonnée de moments inoubliables que je raconte souvent aux jeunes comédiens.nes, qui m’accompagnent comme metteur en scène », affirme-t-il.
Metteur en scène de la compagnie de théâtre « Les Ateliers Encriture », une structure lancée en 2017 et dirigée par le comédien Yves Marie Gustave (directeur artistique), qui fait la promotion des œuvres littéraires se positionnant entre la poésie et le théâtre.
Il pratique le théâtre depuis plus d’une dizaine d’années, faisant de son art un prétexte pour « aborder des questions sociales, politiques et culturelles », en réactualisant le théâtre ancien pour lui donner de nouvelles orientations, en s’appuyant sur le rôle de la « culture populaire ». Celui qui a commencé le métier de la mise en scène en 2015, en fondant G5Ayiti, défend avec ferveur l’idée d’un théâtre revendicatif, engagé et populaire.
Entré dans le champ de la représentation, poussé premièrement par ce besoin politiquement créatif de donner la parole à ceux qui étouffent – ou du moins à ceux qui n’en ont pas -, il place les femmes et les filles d’Haïti qui subissent le viol et la maltraitance au centre de son propos. Il s’appuie sur des techniques théâtrales susceptibles de révolutionner le théâtre haïtien, notamment la biomécanique, pratique inventée par Vsevolod Meyerhold, metteur en scène russe.
Co-fondateur d’Atelye Anba Lalin (AAL), avec Dayana Saint-Elvé et Irva Icaëga Israël, il est aussi coordonnateur national des clubs Horizon 2030. Il travaille à la Bibliothèque de l’Université Quisqueya (BuniQ) comme chargé de collections en langues, littérature et arts depuis 2021. Un parcours qui en dit long.
Par ailleurs, il n’y a pas de créateur sans une approche artistique propre, et la sienne repose sur l’anthropologie théâtrale. De même que le théâtre est anthropologisé, l’anthropologie est théâtralisée à travers ses créations artistiques, car il s’inscrit dans la logique de la transformation d’une microsociété – et se veut capable de libérer Haïti de ce jeu politique sans fin.






















