Les ouvriers du secteur textile ont manifesté dans la capitale Port-au-Prince (SONAPI) et à Ouanaminthe (CODEVI), après l’annonce de trois journées de grève, du lundi 13 au mercredi 15 avril 2026. Ils revendiquent un salaire minimum de 3 000 gourdes et une réduction immédiate des prix du carburant. Le mouvement fait suite à l’augmentation des prix des produits pétroliers à la pompe, décrétée début avril.
À Ouanaminthe, des milliers d’ouvriers dénoncent la dégradation de leurs conditions de vie et l’inaction des autorités. Ils précisent n’avoir bénéficié d’aucune augmentation de salaire depuis 2023, alors que le gouvernement augmente les prix des produits pétroliers. Ils exigent également la revalorisation du salaire minimum.
Le Conseil Supérieur des Salaires (CSS) avait pourtant demandé la suspension du mouvement, à la suite d’une réunion avec le gouvernement, représenté par le ministre des Affaires sociales et du Travail, Marc-Élie Nelson.

Malgré cet appel au calme, Dominique St-Éloi, coordonnateur général de la Centrale Nationale des Ouvrières et Ouvriers Haïtiens (CNOHA), intervenant sur les ondes de Magik 9, a rejeté la décision du CSS. Selon lui, les revendications dépassent la question salariale. Les syndicats exigent un accompagnement social permanent.
Le fossé entre les salaires et le coût de la vie est criant. Un galon de gazoline coûte 725 gourdes, le diesel 850 gourdes et le kérosène 845 gourdes, dépassant ainsi le salaire journalier de 685 gourdes. Les syndicats qualifient cette situation de « crime contre la classe ouvrière ».
La Centrale unitaire des travailleurs des secteurs publics et privés d’Haïti (CUTRASEPH) a également apporté son soutien au mouvement. Ses coordinations départementales estiment que la hausse du carburant constitue « une mesure injuste ». Elles soulignent que les dépenses de transport ont presque doublé, poussant certains parents à garder leurs enfants à la maison.
Les représentants syndicaux rejettent le communiqué du CSS, composé de représentants de l’État, du patronat et des syndicats. Ils dénoncent l’absence de justification technique ou économique dans les discussions avec le ministère. De nouvelles mobilisations sont annoncées pour contraindre le gouvernement à garantir des conditions de vie dignes.
Malgré l’arrêt de travail et les manifestations, aucune mesure concrète n’a été annoncée par les autorités. Les syndicats préviennent que la lutte se poursuivra dans les jours et semaines à venir. Leur objectif reste inchangé : un salaire minimum de 3 000 gourdes et un accompagnement social adapté.





















