Danser est l’une des formes d’expression que l’on pratique. On s’exprime par le corps, les mouvements, et c’est merveilleux. À cet art, des jeunes femmes s’y consacrent, malgré la violence qui fragilise nos désirs de penser le corps comme moyen expressif. En tant que danseuse, aspirant à faire carrière dans ce métier, Fabiola Agenis se fait plaisir et se dépasse pour l’amour de la danse depuis 2012.
Comme tout artiste, Fabiola Agenis souhaite marquer les esprits par son art, la danse, et la faire évoluer sur plusieurs terrains culturels. Raison de plus de se motiver et de se consacrer au folklore haïtien qu’elle tente d’innover à travers des projets de danse.
Pour elle, une danseuse est « une artiste qui utilise son corps pour exprimer des émotions et raconter des histoires à travers des mouvements techniques ». Rappelant qu’en temps de crise, l’artiste est une source de résilience, de témoignage et d’espoir. Avec comme vocation de « transformer la douleur en création ».
Ballet, classique, hip-hop, salsa, compas, folklorique : Fabiola Agenis cultive toutes ces tendances dans son univers. Enfant de Port-au-Prince, elle commence la danse dès l’enfance. En 2012, elle intègre la caisse populaire de Saint-Gérard de Carrefour-Feuilles, là où elle apprend le folklore haïtien avec Davide Durosier et Edmond Athanase, deux figures majeures du spectacle vivant. Il lui faudra quatre ans de plus pour lancer sa carrière professionnelle, soit en 2016.
« Il y a un autre moi, contrairement aux années précédentes. Ceux qui ont l’habitude de me voir produire peuvent en témoigner », a-t-elle déclaré lors de notre première interview, jointe par téléphone, il y a quelques jours.
Un parcours de rêve
Son premier grand souvenir avec la danse remonte à 2016, année où elle se produit pour la première fois sur scène. Depuis lors, prenant part à des activités culturelles comme le carnaval, des soirées et des festivals de façon annuelle, elle s’impose et dit « vouloir prendre sa place ». Son art gagne du terrain et sa carrière prend forme. Elle apparaît aussi dans des vidéos musicales. L’artiste se fait remarquer sur tous les terrains : voilà sa marque.
En 2019, trois ans plus tard, elle enseigne la danse dans des institutions aux côtés de sa cousine à Green Gym, ensuite à Sarah Fitness. De 2020 à CIM et St-Rose, puis en 2023 à Alphonse. L’audace et le dévouement de la jeune danseuse la mènent au bout de sa grande passion.
Si elle participe depuis une dizaine d’années à des événements culturels à Saint Michel de Latalaye, aux Ateliers Encritures à l’Institut français en Haïti, puis au festival Tidife Vole, c’est qu’elle a déjà prouvé son dynamisme et sa maîtrise. Quoique son palmarès s’avère encore mince, elle dit vouloir « continuer son aventure » de danseuse professionnelle dans une atmosphère concurrentielle, peu importe les obstacles.
À l’avenir, Fabiola envisage de nombreux projets artistiques avec des artistes de tous les circuits créatifs. Des expériences constructives avec Teach Haïti et Frenel Clervil, comédien, poète et dramaturge, lui donnent des forces de travail.
Pour elle, « il y a des expériences uniques qui restent décisives pour un artiste ». Travaillant sans relâche, telle une praticienne passionnée au service de sa création, elle porte une attention constante à ses performances. « Mon rêve est de représenter Haïti à travers la danse dans plusieurs pays afin de valoriser ma culture », nous a-t-elle confié d’un ton ferme.
« Je souhaite aussi créer une école de danse pour former les enfants et leur apprendre ce qu’est réellement notre culture, notre folklore », avance celle qui vient de participer comme danseuse au spectacle-restitution des Ateliers Encritures, mis en scène par Vital Ronald, à l’occasion de la Journée mondiale du théâtre, à l’Institut français en Haïti, le 24 mars dernier.
Pratiquant davantage la danse que la musique, son avenir a pris un raccourci inattendu. « Je rêvais de devenir une artiste, soit chanteuse, soit danseuse, mais Dieu m’a donné plusieurs talents », a conclu Fabiola Agenis, comme pour souligner l’étrangeté heureuse de son parcours.






















