À la 124e réunion spéciale du COTED de la CARICOM, consacrée à l’environnement et au développement durable, le ministre de l’Environnement, Valéry Fils-Aimé, a plaidé pour la justice climatique pour Haïti et les Caraïbes. Face à des enjeux climatiques disproportionnés, le ministre sollicite des financements accessibles qui relèvent d’être un droit et la priorisation internationale.
Devant des dignitaires caribéens du COTED, le jeudi 26 mars 2026, à Guyana, Valéry Fils-Aimé a présenté un agenda de survie pour les Caraïbes face aux changements climatiques. Pour Haïti, le dérèglement climatique n’est pas une « menace abstraite », selon le titulaire du MdE.
Il constitue, a-t-il martelé, une réalité quotidienne qui aggrave la vulnérabilité de communautés déjà éprouvées par des crises économiques, sociales et humanitaires persistantes.
En 2025, l’ouragan Melissa a rappelé, selon lui, l’ampleur de l’exposition d’Haïti aux « chocs climatiques extrêmes ». « Pour notre pays, chaque cyclone, chaque inondation, chaque épisode de sécheresse représente une épreuve de survie », a déclaré Valéry Fils-Aimé.
Face à cette vulnérabilité structurelle, le ministre a plaidé pour une « adaptation urgente et concrète ». Protéger les zones côtières, développer une agriculture résiliente, garantir un accès durable à l’eau et à l’énergie, tels sont, selon lui, les chantiers prioritaires. Ces interventions sont, a-t-il insisté, indispensables pour réduire les pertes humaines lors des saisons cycloniques.
Mais ces efforts nécessitent des ressources. Valéry Fils-Aimé a alors pointé ce qu’il considère comme le nœud du problème : le financement climatique. La survie des communautés caribéennes dépend, a-t-il affirmé, de la capacité à mobiliser des fonds efficaces et accessibles.
Les océans, la biodiversité et la lutte contre le réchauffement climatique doivent, selon lui, devenir des priorités de financement international. C’est là que réside, aux yeux du ministre, l’injustice fondamentale.
Haïti contribue de façon marginale aux émissions mondiales de gaz à effet de serre. Pourtant, le pays en subit les conséquences de manière disproportionnée. « La justice climatique impose la reconnaissance de cette réalité », a tranché Fils-Aimé, en appelant à une priorisation des besoins haïtiens dans l’architecture financière internationale.
Pour Haïti comme pour l’ensemble de la CARICOM, l’adaptation relève d’un impératif existentiel et le financement est un droit. « La survie et la prospérité de nos peuples en dépendent », a-t-il lancé, en guise d’avertissement solennel à la communauté internationale.

















