Abigaïl Alexandre est devenue la première Haïtienne championne du concours international Eloquentia. Mercredi 25 mars 2026, à La Seine Musicale à Paris, elle a remporté la 9ᵉ édition de cette compétition francophone de prise de parole en public.
Abigaïl Alexandre, âgée de 21 ans, a grandi entre Port-au-Prince et Jacmel dans une famille monoparentale (NDLR : mère). Entre rupture scolaire et jours sombres, elle a gardé le cap et choisi l’art oratoire comme moyen de résistance.
Son enfance est profondément marquée par le séisme du 12 janvier 2010. Elle n’a alors que 5 ans. La catastrophe provoque une rupture scolaire d’un an et disperse la famille.
« On a été séparés pendant un temps, on vivait chez mon oncle et ma tante. Pendant un an, je n’ai pas été à l’école. Ce n’était pas la priorité. On était un peu nomade pendant cette année-là. On était livrés à nous-mêmes. Ce n’était pas grave si on ne mangeait pas pendant un jour », confie-t-elle au Figaro Etudiant sur son enfance difficile.
Au cours de son enseignement primaire, elle a laissé la capitale pour s’installer définitivement à Jacmel. En arrivant à Jacmel, elle a le sentiment que son enfance venait à peine de commencer.
« J’ai eu l’impression que mon enfance commençait vraiment. Là où j’ai grandi, c’était très insécurisant pour une jeune fille et ce n’était plus vivable », dit-elle, faisant part de son inquiétude.
Abigaïl Alexandre a obtenu son diplôme de fin d’études en 2024 dans un collège de Jacmel. L’année suivante, elle s’est inscrite au concours Eloquentia Jacmel et en est sortie victorieuse, succédant à Farah Jean-Baptiste, lauréate de la première édition.
Arrivée en France pour représenter Haïti, l’étudiante en sciences juridiques a été remarquée pour ses talents d’oratrice. Elle a terminé première lors des quarts de finale puis des demi-finales en août 2025.
Pour la première fois de son histoire, la finale d’Eloquentia était entièrement féminine. Quatre oratrices s’affrontaient : Dienaba Dabo du Sénégal, Anna Herreros et Anna Hemmat de France, face à Abigaïl Alexandre, représentante d’Haïti. La soirée réunissait 3 500 spectateurs autour du thème central de l’intelligence artificielle.
Elle a livré un discours profond et engagé, portant la voix des jeunes Haïtiens et des sans-voix. Inspirée par Farah Jean-Baptiste, lauréate de la première édition haïtienne d’Eloquentia, elle a déclaré : « Le déclic, c’était entendre Farah prononcer un discours. Je me suis dit : si elle l’a fait, moi aussi je peux y arriver. »
Abigaïl Alexandre, grande championne de cette 9ᵉ édition d’Eloquentia, s’est distinguée par sa rigueur, sa passion et sa force oratoire.






















