🔍 3 minutes

Le Kolektif Jèn Solèy (KOJÈS) a dévoilé les 6 gagnants de la 2e édition de son concours de composition épistolaire, lancée le 2 juin 2023. Trois prix du jury ont été décernés aux nommés : Beth-Sara Nicolas, Marthe H. L. François, et Wilvens Thélusma, respectivement dans les catégories «droit de la femme et des filles», «sécurité» et «environnement» et trois prix du public aux nommés: Dieunnyka Jean-Noel, Tonn Joseph, Fladimir Dorvius, respectivement dans les catégories susmentionnées.

Le comité exécutif du Kolektif Jèn Solèy (KOJÈS) a lancé le 2 juin 2023 sa 2e édition du concours de texte autour de trois catégories : sécurité, environnement et droit de la femme et des filles. Une diversité thématique qui a ouvert le champ à de nouvelles formes de témoignages, a expliqué le coordonnateur général, Litainé Laguerre lors de la cérémonie de la remise des prix à la bibliothèque Michel Tardieu de Pétion-ville, le samedi 3 février.

En quoi consiste ce concours de composition épistolaire ?

Le concours de composition épistolaire est une vitrine pour exposer le talent des jeunes qui s’intéressent à l’écriture et promouvoir leur diversité d’opinion et leur créativité. Une quarantaine de jeunes venus de divers quartiers de la capitale ont pris part à cette deuxième édition autour de thèmes divers. Le concours consiste à adresser une lettre à n’importe quel destinataire, c’est comme fixer son attention sur une situation relative aux différentes thématiques par le biais d’un récit fictif ou réel. Pour cette édition, la plupart des lettres ont été destinées à des dirigeants politiques au regard des défis de sécurité auxquels est confronté le pays ou à un proche avec qui le destinateur partage une histoire personnelle relative au thème choisi. Dans le second tour, le participant doit écrire une autre lettre qui sera la réponse de son destinataire.

Par ce concours, KOJÈS promeut entre autres une forme d’écriture qui s’adresse aux problèmes sociaux, comme le rappelle la thématique du peyi-lòk de l’édition précédente « nous voulons emmener les jeunes à parler de ce que nous vivons actuellement. Et cela sans distinction de genre », a précisé le responsible du KOJÈS, Litainé Laguerre, qui souligne l’affluence des jeunes femmes dans la catégorie droit de la femme et des filles.

Le collectif de jeunes, dont la plupart proviennent de Cité-Soleil, cherche à impacter la communauté par la puissance de l’écriture de la jeunesse. Le concours devient une vitrine où tout se dit afin de taire le silence, surtout, quand devant des situations le « dire » est crucial. Les textes racontent des histoires intimes de viol, de violence conjugale, du silence des autorités, des défis environnementaux entre autres. Le concours de composition épistolaire est un parfait prétexte pour entendre la pensée des jeunes et découvrir leur talent d’écriture sur les situations qu’ils vivent : la situation socio-juridique des femmes et des filles et la situation précaire de l’environnement.

Un concours où le jury et le public font leur choix

Le prix du public récompense les textes qui ont récolté le plus d’appréciations, de commentaires et de partage sur la page web Facebook du KOJES. Alors que le prix du jury récompense les textes pétris sous le regard critique du jury composé de 6 membres dont l’écrivaine Xaviera Raphaëlla Élie et Emmanuel Pacombre président du salon su livre de Port-au-Prince.

L’évaluation du jury se fait autour de trois critères principaux : la syntaxe, qui concerne la structure des langues de production, Créole et Français ; la forme, pour le respect l’écriture épistolaire ; et la créativité qui consiste en une analyse des procédés d’écriture démontrant une certaine qualité littéraire.

Le jury choisit ses 3 meilleurs textes et le public par son vote choisit les siens. Les 6 gagnants sont partis avec une plaque d’honneur, un sac à dos, plusieurs livres d’auteurs haïtiens, don’t le nouveau roman de Lionel Trouillot, Veilleuse du calvaire, et un dictionnaire Petit Robert. Des prix tissés de la contribution d’une pléiade d’étudiants de la Faculté de Linguistique Appliquée (FLA) et des contributions de l’Atelier Jeudi Soir.

Une deuxième édition réussie

La 2e édition est « totalement réussie » pour le collectif. Si la première édition, pour Litainé Laguerre, était une tentative réussie, ce dernier considère la deuxième comme « totalement réussie », dans la mesure qu’elle a été bien accueillie par le public. La création des catégories a permis à un plus large public de prendre part et beaucoup plus jeunes ont été couronnés pour leur récit poignant mettant en lumière les réalités sociales. Le triplet thématique a attiré plus d’intéressés, a confié M. Laguerre. Le concours a reçu plus d’histoires qui sont encore à découvrir sur les réseaux du Kolektif Jèn Solèy qui envisage de compiler les meilleures lettres dans un ouvrage collectif.

Le concours promet de continuer à miser sur l’innovation. À court terme, KOJES veut réaliser des ateliers d’écriture, de lecture pour les élèves et étudiants, des séminaires de formation à l’intention des professionnels : professeurs, éducateurs, animateurs culturels entre autres… Mais la jeune organisation est confrontée à un problème d’espace pour tenir ses activités, le coordonnateur général déplore les problèmes politiques qui, dit-il, affectent gravement la confiance des propriétaires d’espace qui hésitent à confier le collectif leur demeure pour implémenter des projets innovants.