Haïti a connu sa première défaite sous l’ère David Badia. Les Grenadiers s’inclinent 2-0 face au Costa Rica lors de la quatrième journée de la Ligue des Nations de la Concacaf, mettant fin à une série de trois victoires consécutives. Deuxièmes du Groupe A avec 9 points, ils devancent finalement la République dominicaine à la différence de buts (+4 contre 0) et valident leur billet pour les quarts de finale.
Vainqueurs de la Trinité-et-Tobago (3-2), du Costa Rica à domicile (2-0) puis de la République dominicaine (4-1), les Grenadiers abordaient ce match avec moins de subtilités, avec beaucoup de changements dans l’onze. Car leur qualification était déjà à portée de main.
Les Ticos, menés par Bryan Ruiz, sélectionneur intérimaire, ont puni les Grenadiers dès l’entame (Carlos Mora ouvrant le score d’une tête rapide à la 6e minute, Andrey Soto doublant la mise d’une frappe dans la surface à la 21e). Le reste de la rencontre n’a rien changé au tableau d’affichage : 2-0. Et la première défaite de l’ère Badia est actée.
Sur le papier, le scénario catastrophe existait. En cas de victoire de la République dominicaine contre le Nicaragua, les deux sélections se seraient retrouvées à égalité de points (9), et seule la différence de buts aurait tranché. La RD s’est effectivement imposée 2-1 au Nicaragua, mais sans la marge nécessaire : sa différence de buts s’établit à 0 (8 buts marqués, 8 concédés sur l’ensemble de la phase). Loin des +4 des Grenadiers (9 buts marqués, 5 concédés). Les Grenadiers conservent donc leur deuxième place et obtiennent leur billet pour les quarts de finale, aux côtés de Curaçao invaincu, leader du groupe avec 10 points.
Le projet Badia
Une défaite 0-2, à l’extérieur, contre une équipe qui jouait sa survie dans l’élite du football Concacaf, et qu’on a battue au match aller sur le même score, n’a rien d’alarmant pour un projet encore naissant. Mais la manière interroge davantage que le score.
Les Grenadiers, bâtis depuis septembre sur une identité de possession et de pressing haut, ont concédé deux buts rapides avant même d’avoir eu le temps d’imposer ce schéma ; ce qui a été déjà identifié lors du match d’ouverture contre la Trinité-et-Tobago, où les transitions adverses avaient posé les mêmes problèmes à une défense encore en construction. Qualification acquise ou non, Badia a donc un premier vrai sujet de travail avant les quarts de finale.
Sous Sébastien Migné, Haïti s’était construite une identité de bloc bas et de contre-attaque. Badia, arrivé le 5 septembre, a immédiatement renversé la proposition : 69 % de possession dès ses débuts contre la Trinité-et-Tobago, un 4-2-3-1 pensé pour presser haut plutôt que pour subir. Ce choix assume un risque, celui d’exposer une défense encore fragile dans la transition, exactement ce qui s’est produit à Saprissa. Mais il n’a pas empêché l’essentiel : neuf points, une différence de buts qui a fait la différence, et une place en quarts de finale.
Rendez-vous en novembre, pour des quarts de finale en aller-retour. Le format Concacaf veut que les deux meilleurs de chaque groupe y retrouvent les quatre qualifiés d’office : Mexique, États-Unis, Canada et Panama. Le nom du prochain adversaire d’Haïti reste, lui, suspendu au classement final du groupe B.






















