Dans le secteur musical, 24 % des revenus risquent d’être perdus contre 21 % dans le secteur audiovisuel. C’est le résultat d’une toute première étude économique mondiale du monde des artistes et de l’Intelligence Artificielle (IA). Cette étude, menée en décembre 2024, par la Confédération Internationale des Sociétés d’Auteurs et Compositeurs (CISAC), montre que l’IA générative est une menace pour l’avenir et l’économie des créateurs humains.
D’ici 2028, selon l’étude de la CISAC, les créateurs de musique et les créateurs audiovisuels risquent respectivement de perdre 24 % et 21 % de leurs revenus. Selon les chiffres, cette perte cumulée représente une valeur de 22 milliards d’euros sur cinq ans. Ventilée en deux : 10 milliards dans le secteur musical et 12 milliards dans l’audiovisuel.
À l’opposé, les contenus musicaux et audiovisuels générés par l’IA deviennent de plus en plus rentables pour les fournisseurs d’IA générative.
« Alors que les revenus des fournisseurs de l’IA générative connaîtront une croissance spectaculaire au cours des cinq prochaines années, les créateurs risquent de perdre une large part de leurs revenus actuels à cause de l’effet de substitution de l’IA sur les œuvres des créateurs humains », écrit la CISAC.
Ce marché, précise l’étude, rapportant actuellement 3 milliards d’euros aux mastodontes de l’IA, va connaître dans les cinq prochaines années une “croissance exponentielle” en passant à 64 milliards d’euros en 2028.
Les artistes, compositeurs, auteurs, créateurs… c’est toute l’industrie créative qui se sent menacée par les Titans de l’IA. L’industrie craint non seulement pour ses revenus, mais aussi pour les droits d’auteurs.
Les chiffres de l’étude révèlent qu’en 2023, le revenu annuel des contenus générés par l’IA est estimé à 0,1 milliard d’euros pour la musique. Et 0,2 milliard pour l’audiovisuel. Une projection est faite pour ces industries : « les futurs revenus des fournisseurs d’IA générative atteindront des revenus annuels de 4 milliards d’euros pour la musique et de 5 milliards d’euros pour l’audiovisuel ». Ce marché, aussi florissant qu’il soit pour les entreprises phares de l’IA, se fonctionne dans la reproduction non autorisée des œuvres et au détriment des artistes.
« Ces revenus sont directement dérivés de la reproduction non autorisée des œuvres des créateurs », affirme l’étude. Et représentent, poursuit-elle, un transfert de valeur économique des créateurs vers les services d’IA.
D’après les recherches de CISAC, les marchés du streaming et des bibliothèques musicales seront fortement impactés. Environ 20 % des revenus des plateformes de streaming musical et plus ou moins 60 % des revenus des bibliothèques musicales pourraient constituer la somme générée des musiques produites par l’IA générative en 2028.
Face à ce bouleversement économique produit par l’IA dans le domaine de la musique et de l’audiovisuel, les « traducteurs et adaptateurs actifs dans le doublage et le sous-titrage seront les plus durement touchés », alerte CISAC. Avec un risque de perte de 56 % de leurs revenus, souligne-t-elle. Contrairement aux scénaristes et réalisateurs, dont leurs revenus pourraient amputer de 15 à 20 %.
Au terme de cette étude, les auteurs s’accordent sur la nécessité de réviser les cadres réglementaires. Ces derniers soulignent l’importance d’une telle étude dans l’alimentation des débats publics partout dans le monde sur la législation pour que les créateurs humains ne soient pas effacés par les machines.
En ce qui concerne la protection des œuvres des artistes et leurs rémunérations, l’intelligence artificielle suscite déjà l’inquiétude des créateurs dans les pays juridiquement avancés sur le plan technologique. Les créateurs apparaissent plus vulnérables face à l’IA.
Ici en Haïti, comment garantir la protection de l’Industrie musicale Haïtienne (HMI) quand la législation peine encore à suivre l’évolution technologique ?






















