Le décret plaçant le Pouvoir Exécutif sous l’autorité du Conseil des Ministres est l’une des décisions prises à la fin du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), dirigé par Alix Didier Fils-Aimé le 7 février 2026. Désormais, le Premier Ministre cumule les fonctions de chef de l’Exécutif et de chef du Gouvernement pour cette énième phase de transition, sans échéance définie.
Alix Didier Fils-Aimé, au pouvoir sans échéance fixée.
Dans un communiqué, la Primature porte à la connaissance du public plusieurs décisions entérinées le 7 février dernier en réunion spéciale des ministres. Parmi lesquelles, le décret plaçant l’Exécutif sous le contrôle du Conseil des ministres pour combler les vacances présidentielles. À travers ce décret publié, le Conseil des ministres détient un plein pouvoir d’agir sous l’égide du Premier ministre.
En raison de la vacance de la Présidence de la République, dispose l’article 1 du décret, constatée à compter du 7 février 2026, le Conseil des ministres sous la présidence du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé exerce le Pouvoir Exécutif, conformément aux articles 149 de la Constitution de 1987 amendée par la loi Constitutionnelle du 9 mai 2011.
Pour faire montre d’une certaine légitimité, la Primature a fait référence à la Constitution. Selon les termes de l’article 149 de la Constitution de 1987 amendée, le Conseil des ministres, sous la présidence du Premier ministre, exerce le pouvoir exécutif jusqu’à l’élection d’un nouveau président, qui doit avoir lieu entre 60 et 120 jours après la vacance.
À ce propos, il ressort de l’article 4 du décret que « l’exercice du Pouvoir Exécutif par le Conseil des Ministres prend fin de plein droit à l’investiture du Président élu ». Toutefois, la fin de cette transition demeure incertaine.
Une transition sans fin
Aucune précision n’a été apportée concernant l’échéance fixée à cette phase de transition que la Primature a héritée du CPT. Une transition qu’Alix Didier Fils-Aimé préside grâce au soutien de la communauté internationale, notamment les États-Unis. Un appui qui a été exprimé par le chargé d’affaires américain Henry Wooster.
Un évincement échoué
Bien que quelques Conseillers Président ont tenté de renverser Alix Didier FILS-Aimé, ils n’ont pas abouti. Le CPT, quelques jours avant l’arrivée du 7 février, a mis en branle une stratégie calculée : la révocation du Premier ministre .
La résolution a été adoptée le 21 janvier 2026 par la majorité au sein du Conseil, mais elle ne dépasse pas le Villa d’accueil. En raison du refus du coordonnateur, Laurent Saint-Cyr, de la signer, elle n’a pas été publiée au journal Le Moniteur pour prendre son effet.
Cette tentative visant à évincer le Premier ministre a suscité la réaction de l’Ambassade américaine. « L’objectif des États-Unis pour Haïti demeure l’instauration d’un niveau minimal de sécurité et de stabilité. Toute tentative de modification de la composition du gouvernement par le Conseil présidentiel de transition (CPT), non élu, à ce stade avancé de son mandat, serait considérée par les États-Unis comme une manœuvre visant à saper cet objectif et, de ce fait, serait nulle et non avenue », a écrit l’Ambassade le 21 janvier 2026.
Le soutien appuyé de la Communauté internationale à l’homme d’affaires
Le 28 janvier, le Département d’État américain a annoncé l’imposition de nouvelles restrictions de visa à trois responsables haïtiens : deux membres du Conseil présidentiel de transition et un ministre. Ces individus sont accusés d’avoir facilité la déstabilisation d’Haïti par des groupes armés, dont certains sont classés comme organisations terroristes étrangères.
L’Union Européenne, l’Allemagne, l’Espagne et la France ont également exprimé leurs positions contre toute initiative de renvoi du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.
« Tout changement à la tête du gouvernement à quelques jours de la fin du Conseil Présidentiel de Transition mettrait en péril la dynamique encourageante des forces de sécurité contre les gangs criminels. Le rétablissement de la sécurité doit demeurer la priorité absolue de la transition », peut-on lire dans une déclaration de la délégation de l’Union Européenne en Haïti en date du 22 janvier 2026.
À cela s’ajoute le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH). Dans une déclaration publiée le 9 février 2026, le BINUH a pris acte de la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT) le 7 février. Dans sa déclaration, le BINUH exhorte les acteurs politiques à apporter leur soutien au Premier ministre. Il les invite également à se mobiliser autour des priorités liées à la sécurité et à l’organisation des élections.
Le Premier ministre : un ex-candidat malheureux aux élections sénatoriales de 2016
Déjà environ dix ans sans l’organisation des élections en Haïti. « Le mot d’ordre est clair : sécurité, dialogue politique, élections, stabilité » s’adresse Laurent Saint-Cyr au Premier ministre dans son discours prononcé le 7 février dernier. Reste à savoir si le Premier ministre Fils-Aimé, ancien candidat malheureux aux élections sénatoriales de 2016, saura gagner la confiance d’un peuple qui n’a plus le temps d’attendre indéfiniment.









