Dans un entretien diffusé à la télévision nationale ce jeudi 2 avril, le capitaine Ibrahim Traoré a appelé les Burkinabè à « oublier la question de la démocratie ». Cette sortie du dirigeant de la junte intervient quelques mois après la dissolution de tous les partis politiques.
« La démocratie, telle que ces gens-là (NDLR : les occidentaux) nous font voir la démocratie, ça ne nous intéresse pas. On ne veut même pas de ça », affirme le chef révolutionnaire Burkinabè.
Il critique le modèle de démocratie que les Occidentaux brandissent comme norme et dénonce les exactions meurtrières de cette même démocratie : « La démocratie tue ».
« Démocratie, on tue les enfants, on largue des bombes, on tue des femmes, on détruit les hôpitaux, on tue les populations civiles. C’est ça la démocratie ? », s’interroge-t-il.
Il voit dans ce modèle de démocratie un moyen de motivation des peuples non occidentaux :
« Cette notion de démocratie, elle est fausse. C’est juste un bâton que les gens tiennent et ils le sortent contre les Africains et certains peuples. C’est tout. Donc il faut oublier la notion de démocratie, il faut prendre l’esprit révolutionnaire ».
La transition politique, initiée après le premier coup d’État en janvier 2022, devait s’achever par des élections en juillet 2024. Cependant, la junte au pouvoir a adopté une charte lui permettant de prolonger son mandat de cinq ans à compter de juillet 2024. Cette charte autorise également le capitaine Traoré à se présenter aux élections présidentielles, législatives et municipales, initialement prévues au terme de ces cinq années.
« On ne parle même pas d’élections d’abord […], il faut que les gens oublient la question de la démocratie. La démocratie, c’est pas pour nous », a affirmé le capitaine Traoré lors de cette interview de plus de deux heures réalisée par des journalistes de médias Burkinabès et étrangers.
En octobre 2025, le régime militaire a dissous la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Puis, en février dernier, il a dissous les partis politiques, dont les activités étaient déjà suspendues.
L’année dernière, Ibrahim Traoré avait déjà reconnu : « Nous ne sommes pas dans une démocratie ».






















