Depuis les offensives lancées par Israël et les USA contre l’Iran, les prix sur le marché pétrolier sont en hausse. Les prix ont flambé de 9 %. Ce qui fait que le baril de Brent a franchi la barre des 80 dollars, et le baril de WTI nord-américain augmente, lui, 7,18 % à 71,83 dollars, ce lundi 2 mars d’après Le Monde. Cet accroissement est-il le résultat des perturbations au passage du détroit d’Ormuz ?
Voie de transport stratégique du pétrole dans le monde. Où 20 % du pétrole et 25 % du gaz mondial transitent. En périphérie de ce détroit, le dimanche 1er mars au large des Emirats arabes unis et d’Oman, deux navires ont subi une attaque. Tous deux ont été atteints d’un projectile, selon l’agence de sécurité maritime britannique, UKMTO. Et pour des « raisons de sécurité », les autorités iraniennes ont annoncé la fermeture partielle de certaines parties du détroit, rapporte l’agence de presse iranienne Fars News Agency.
« Certaines parties du détroit seront fermées, afin de respecter les principes de sécurité et de navigation », a indiqué un journaliste de la télévision d’État iranienne. Cela devrait durer « quelques heures », ajoute-t-il en des termes clairs.
« Aucun navire n’est autorisé à traverser le détroit d’Ormuz suite aux attaques lancées par les États-Unis et Israël contre l’Iran », a annoncé une autre agence de presse iranienne, Tasnim, depuis le samedi 28 février. Il a également précisé
Que les navires qui sont présents dans la zone ont reçu de manière répétée des messages du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) leur indiquant qu’aucun navire n’est autorisé à traverser ce détroit stratégique.
À ce sujet, des spécialistes s’expriment.
« S’il devait y avoir un blocage total, à ce moment-là, nous serions dans un scénario extrême avec des conséquences en termes de prix difficiles à prévoir, mais possiblement au-delà de 100 dollars le baril, au moins de manière transitoire. Ce qui est plus probable dans l’optique d’un conflit qui pourrait être amené à durer, c’est que le prix vienne s’ancrer au-delà de 80 dollars le baril », explique Patrick Geoffron, professeur d’économie à l’Université Paris-Dauphine.
Or, lundi 2 mars, le président américain Donald Trump a déclaré que les États-Unis ont prévu que leurs opérations militaires contre l’Iran dureraient quatre à cinq semaines, mais qu’ils ont « la capacité de les prolonger bien plus longtemps ».
Les prix de l’or noir pourraient dépasser les 120 dollars, selon Homayoun Falakshahi, analyste chez Kpler. En cas de guerre prolongée, ajoute-t-il, avec un embrasement régional et des ruptures d’approvisionnement. Les pays producteurs de pétrole pourraient quant à eux tenter d’augmenter davantage leur production dans les mois à venir.
« La question clé pour l’économie mondiale est évidente: le détroit d’Ormuz sera-t-il effectivement fermé aux exportations de pétrole et de gaz pendant plus de quelques semaines ? », questionne M. Schmieding. Si tel est le cas, cela nuirait à la croissance mondiale et augmenterait sensiblement l’inflation mondiale. « Mais je m’attends à ce que Trump fasse tout son possible pour empêcher une hausse durable des prix de l’énergie qui pourrait lui nuire sur le plan intérieur avant les élections de mi-mandat aux États-Unis en novembre », cité par l’agence de presse L’actualité.
Si plus d’un évoque le caractère illégal de ce blocus, la Convention internationale des Nations unies sur le droit de la mer de 1982 ne peut s’y appliquer. Puisque ni l’Iran, ni les Émirats arabes unis, ni les États-Unis n’en sont parties.







