À Téhéran, un média d’État a annoncé dimanche la mise en place d’un triumvirat provisoire composé de Massoud Pezeshkian, du chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejei et du dignitaire religieux Alireza Arafi pour assurer la transition après la mort du guide suprême iranien, Ali Khamenei. Cette annonce survient dans un contexte de frappes militaires menées par les États-Unis et Israël.
Le guide suprême, Ali Khamenei, a été tué le samedi 28 février lors de ces frappes. Les médias officiels iraniens ont confirmé son décès plus tard, le dimanche 1 mars, mettant fin à plusieurs heures d’incertitude. Selon ces mêmes sources, sa fille, son gendre et sa petite-fille ont également péri dans l’attaque.
L’offensive a débuté dans la matinée du 28 février. Washington a baptisé l’opération « Operation Epic Fury ». Les frappes ont visé des installations militaires, des centres de commandement et des sites liés au programme nucléaire à Téhéran, Ispahan, Natanz et Fordow. De puissantes explosions ont secoué la capitale iranienne dès les premières heures du jour.
Selon le New York Times, la CIA surveillait depuis plusieurs semaines les déplacements du guide suprême. Les services américains auraient identifié une réunion de hauts responsables prévue samedi matin dans un complexe résidentiel du quartier Pasteur, au centre de Téhéran. La présence d’Ali Khamenei sur place aurait été confirmée peu avant la frappe. Le journaliste israélien Amit Segal a affirmé sur la chaîne 12 que trente bombes ont été larguées sur le complexe. La chaîne publique israélienne KAN a indiqué que le corps du guide a été extrait des décombres dans la journée.
L’armée israélienne a déclaré samedi soir avoir éliminé quarante hauts gradés iraniens, dont le chef d’état-major Abdolrahim Moussavi, le chef des Gardiens de la Révolution Mohammad Pakpour et le conseiller Ali Shamkhani.
Le ministère iranien de la Santé a annoncé samedi un bilan de plus de 200 morts et de plusieurs centaines de blessés. 108 personnes ont été tuées dans une école de filles à Téhéran, selon les autorités judiciaires iraniennes.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré samedi soir que la mort de Khamenei marque « un tournant historique ». Le président américain Donald Trump a écrit dimanche sur Truth Social que les États-Unis frapperont avec une force « sans précédent » si Téhéran poursuit ses représailles.
La riposte iranienne a été immédiate. Les forces armées ont lancé des missiles balistiques et des drones vers Israël et vers des bases américaines dans le Golfe. Des explosions ont été signalées près de Tel-Aviv et dans le sud d’Israël. Dimanche, le président iranien Massoud Pezeshkian a déclaré que venger la mort du guide est un « droit et un devoir légitime », qualifiant l’attaque de « déclaration de guerre contre les musulmans ».
L’attaque intervient alors que des négociations sur le nucléaire iranien se tenaient encore cette semaine à Genève et à Oman. Les discussions portaient sur l’enrichissement d’uranium et sur les inspections internationales et apparaissent désormais suspendues.
Le conflit a entraîné l’annulation de centaines de vols vers le Moyen-Orient. La mort d’Ali Khamenei ouvre une phase d’incertitude pour le régime iranien. L’escalade militaire place la région au bord de l’embrasement.









