22 966 Haïtiens ont été déportés en février 2026, selon le Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR). Dans son dernier rapport sur la migration pour le mois de février, le GARR a partagé des éléments statistiques sur les cas de déportations, de rapatriements et des Haïtiens refoulés. Ces cas proviennent notamment de la République Dominicaine vers Haïti au cours d’un seul mois.
Selon le bulletin, certaines personnes ont été arrêtées directement dans des hôpitaux, puis expulsées sans considération pour leur état de santé fragile.
20 079 retours spontanés et 7 952 cas de refoulements ont été recensés par les enquêteurs du GARR. Ces données sont recueillies sur les quatre points frontaliers officiels entre Haïti et la République Dominicaine, à savoir Anse-à-Pitres, Belladère, Malpasse et Ouanaminthe. Si le contexte est marqué par la situation sécuritaire en Haïti, le flux de déportations et les atteintes aux droits des migrants haïtiens, selon le bulletin, sont également alarmants.
« Les pratiques de déportations vers Haïti, particulièrement celles en provenance de la République dominicaine, continuent d’être émaillées de violations des droits », écrit le rapport.
Parmi les plus vulnérables se trouvent « les femmes enceintes et allaitantes sont pourchassées dans les maternités publiques en terre voisine », met en lumière le rapport. 103 femmes enceintes et 254 femmes allaitantes figurent parmi les déportés. Ont également été expulsés 57 mineurs non accompagnés. S’ajoute à cette liste 119 personnes vivant avec un handicap.
Ces statistiques, bien que parlantes, ne suffisent pas à comprendre l’ampleur de la violation des droits des migrants. « En route vers la frontière, certains migrants ont été extorqués, maltraités », mentionne le rapport.
Le rapport fait état de plusieurs milliers de déportés haïtiens dans des conditions de violation des droits humains, notamment en provenance de la République Dominicaine vers Haïti. Cependant, d’après le GARR, ces données ne reflètent qu’une partie de la réalité. Les données collectées sont recueillies selon un horaire précis et à des points de passage officiels.
De son côté, la Direction générale des migrations dominicaine (DGM) estime le nombre de 100 000 ressortissants haïtiens expulsés de la République dominicaine pendant la première trimestre 2026.
Même si la grande majorité des déportés recensés pour le mois de février provient de la République Dominicaine, ce pays n’est pas le seul à avoir expulsé des Haïtiens. Des pays comme les Bahamas, les Turques-et-Caïques et les États-Unis ont allongé la liste. Et « ces chiffres auraient probablement été en hausse si les migrants haïtiens aux États-Unis protégés par le TPS avaient été plongés en situation irrégulière », évoque le rapport.
Par ailleurs, le GARR estime que ces personnes, qu’il qualifie de « vulnérables », « auront du mal à retrouver un cadre de réinsertion normal dans le contexte qui prévaut actuellement dans le pays ».





















