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Le championnat national de première division (D1) a connu un arrêt partiel au cours de la saison 2019-2020, décision du conseil de la fédération haïtienne de football (FHF). Cette décision a été prise en raison de la pandémie du nouveau coronavirus. D’autres facteurs ont accéléré cette cessation, tels que l’insécurité et les troubles au sein de la FHF.

Après l’arrêt prématuré du tournoi de clôture de la saison 2018-2019, précisément en septembre 2019, suite à des manifestations populaires dans tout le pays, la FHF a une nouvelle fois annoncé, dans un communiqué paru au journal Le Moniteur, l’arrêt de toutes les activités pour la saison 2019-2020 à cause de la pandémie du coronavirus. Les autorités gouvernementales ont pris des mesures drastiques comme éviter les rassemblements et le contact physique. Vu que le football est un jeu de contact, la FHF s’est trouvée dans l’obligation de suspendre les activités.

En septembre 2020, la FHF a organisé un tournoi avec un calendrier remanié où il n’y avait pas de série aller-retour. Ce tournoi avait regroupé tous les clubs de la D1. Par contre, ce procédé avait défavorisé les clubs de la deuxième division (D2), car aucun club de cette division n’est monté en D1. Le Violette AC a été sacré champion de ce tournoi. Ce sacre lui a permis de participer au championnat des clubs caribéens de la CONCACAF qui s’est déroulé de septembre 2020 à février 2021.

Depuis lors, rien n’a été dit concernant la reprise des activités sportives dans le pays. Après le passage du coronavirus, puis le phénomène de l’insécurité qui affecte tous les secteurs du pays, notamment le secteur sportif durant ces deux dernières années, le pays fait face au pire moment de toute son existence sur le plan sportif. Par mesure de précaution, les clubs de la D1 évitent de se déplacer pour se rendre dans la capitale, puisque des bandits lourdement armés ont pris le contrôle total de presque toutes les zones métropolitaines ainsi que certaines villes provinciales. Les routes nationales sont contrôlées par des gangs, ainsi que les marchés publics. Des bandits terrorisent la population, ils séquestrent des gens, les rançonnent et les tuent. Comme c’était le cas de l’ex-international haïtien et actuel entraîneur de l’USR (Union sportive Rivartibonitienne), Johnny Décoline, qui a été séquestré le 30 janvier 2021 et libéré le 20 février de la même année contre une somme d’argent non révélée.

Certains joueurs qui ont évolué dans la D1 haïtienne n’ont pas caché leurs sentiments sur cette situation. Johnny Jean, l’attaquant de Don Bosco de Pétion-Ville, a confié que le football était son gagne-pain et que les responsables gouvernementaux devaient tout faire pour rétablir la sécurité dans le pays afin que les activités sportives puissent reprendre comme à l’ordinaire. Il a aussi déclaré que le football est un loisir, et que les « Djo kannèl » du championnat national n’auraient pas dû être privés de ce plaisir. Il termine en déclarant que l’État doit disposer de toutes sortes de moyens pour garantir la sécurité dans le pays.

À rappeler qu’il n’y a toujours pas de président à la tête de la FHF. Le docteur Yves Jean Bart a été démis de ses fonctions après des allégations selon lesquelles il use de ses pouvoirs et de sa position pour abuser sexuellement des joueuses. Certaines victimes ont témoigné que Yves Jean Bart les a menacées et a fait pression sur elles afin de les abuser ; des mineures pour la plupart. Après de nombreuses enquêtes, la FIFA (Fédération Internationale du Football Association), a suspendu le docteur Yves Jean-Bart à vie de toutes activités liées au football. L’annonce a été faite le vendredi 20 novembre 2020, après 20 ans passés à diriger la FHF, soit de 2000 à 2020. Il a écopé une amende de 1 000 000 Francs suisses, soit environ de 1 000 000 de dollars américains.

Cette enquête ouverte à son encontre par la chambre de jugement de la commission d’éthique indépendante de la FIFA, a été déclenchée par le journaliste français, Romain Molina. Ce dernier, à travers ses contacts avec le journal anglais The Guardian, a porté son soutien sur divers systèmes de corruption essentiellement (20 ans). Cette histoire d’abus sexuels sur des gamines au Ranch de la Croix-des-Bouquets a été l’élément déclencheur de cette sanction.

L’ex président Yves Jean Bart, a tenté de faire son retour à la tête de la fédération haïtienne de football après l’annonce de l’annulation de sa suspension à vie de toute activitées liées au football par le Tribunal Arbitral du Sport (TAS). Mais, cette demande a été refusée par la FIFA. L’instance suprême du football a même menacé de suspendre la FHF en cas d’un retour de Dadou à la fédération.

En conclusion, le championnat national de première division s’est arrêté depuis plus de 2 ans. D’abord, il y a eu la pandémie du Coronavirus (COVID19) qui a duré plus d’un an, ensuite vient le phénomène de l’insécurité qui ravage le pays ajouté à l’incapacité du comité de normalisation de la FHF à mettre en place des mesures pouvant contribuer dans le redémarrage du championnat national. Malgré tout, l’insécurité demeure la cause majeure de cette cessation. Une situation qui ne laisse pas les passionnés du football haïtien sans voix, qui posent toujours des questions comme: “Quand est-ce que les activités sportives vont-elles se reprendre dans le pays ?” “ Que deviennent les joueurs évoluant dans la D1 d’Haïti ?” “Quel est l’avenir du football dans le pays ?”

Une contribution de Julner Exumé