Le Conseil de l’Université d’État d’Haïti (CUEH) dénonce les récentes décisions du pouvoir exécutif concernant l’enseignement supérieur, notamment l’installation d’un organe de régulation, dans une note publiée le mardi 3 février 2026. Le CUEH estime que ces décisions sont contraires à la Constitution haïtienne et entravent l’autonomie de l’UEH, ce qui représente un risque pour l’avenir académique du pays.
Dans une note officielle rendue publique ce mardi 3 février, le CUEH affirme que la création d’un organe de régulation de l’enseignement supérieur (NDLR : Conseil de l’Agence Nationale l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, installé le 14 janvier dernier) en dehors des normes constitutionnelles constitue une violation manifeste de la hiérarchie des normes juridiques. L’institution rappelle qu’elle a engagé des démarches pour contester le caractère anticonstitutionnel du Décret du 11 mars 2020, au motif qu’il porte atteinte aux principes d’autonomie et d’indépendance consacrés par les articles 32, 208 et 209 de la Constitution de 1987.
Le Conseil universitaire se réfère à une résolution adoptée le 25 novembre 2020, dans laquelle il mettait déjà en garde contre l’application du décret. Puis plusieurs correspondances ont été adressées aux autorités exécutives, notamment le 27 août 2025 et le 4 novembre 2025, appelant à un dialogue institutionnel, à la suspension du décret et à une concertation nationale sur les réformes de l’enseignement supérieur.
Malgré ces appels répétés au dialogue, le CUEH déplore que le gouvernement ait poursuivi l’adoption du décret en Conseil des ministres le 18 décembre 2025, suivi de sa publication dans le journal officiel Le Moniteur, le 30 décembre 2025, puis l’installation du nouvel organe. Selon le CUEH, ces mesures sont unilatérales et aggravent une situation déjà critique, portant atteinte aux garanties constitutionnelles de l’Université d’État.
Le CUEH rappelle que l’Université d’État d’Haïti a historiquement défendu les principes démocratiques et résisté aux tendances autoritaires, et réaffirme son engagement en faveur du dialogue basé sur la primauté de l’intérêt supérieur de la nation haïtienne.
Le Conseil exige le retrait immédiat du décret du 11 mars 2020 et de l’ensemble des mesures administratives qui en découlent, tout en lançant un appel au pouvoir exécutif, aux acteurs politiques et à la société civile, particulièrement à ceux du secteur universitaire, pour s’engager dans une réforme profonde de l’enseignement supérieur fondée sur la concertation et le respect des normes constitutionnelles.
Le CUEH réitère son attachement au dialogue et à la concertation, dans le strict respect des principes démocratiques, pour préserver l’UEH comme institution autonome et indépendante, qu’il qualifie de véritable patrimoine national.









