Le DHS a officiellement annoncé le 26 novembre 2025 la fin du statut de protection temporaire (TPS) accordé aux ressortissants haïtiens vivant aux États-Unis d’Amérique. La date d’expiration est fixée au 3 février 2026, ce qui met fin à des années de statut protecteur pour des centaines de milliers de personnes.
La secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a annoncé que les conditions en Haïti ne justifiaient plus une prolongation du statut de protection temporaire (TPS) pour les haïtiens. Le gouvernement américain estime désormais que le maintien de ce statut temporaire n’est plus dans l’intérêt national.
Origine du TPS pour les haïtiens
Le statut de Protection temporaire (TPS) a été accordé pour la première fois aux haïtiens à partir de janvier 2010, à la suite du séisme dévastateur. Cette désignation permettait aux haïtiens déjà présents aux États-Unis de vivre et de travailler légalement pendant 18 mois en attendant que les conditions en Haïti permettent un retour en toute sécurité.
Le gouvernement américain a dû prolonger ce statut à plusieurs reprises en raison de l’instabilité continue en Haïti, que ce soit lié à des catastrophes naturelles, à des problèmes économiques ou à la violence qui gangrène le pays.
Combien d’haïtiens sont concernés par cette décision ?
Selon le journal Le Monde, jusqu’en juin 2025, quelque 520 000 Haïtiens vivant aux États-Unis bénéficient actuellement du TPS. Pour eux, la fin du TPS signifie la perte du droit de travail légal et la protection contre l’expulsion, à moins qu’ils n’obtiennent un autre statut légal avant l’expiration.
Ce qu’il faut retenir, c’est que le TPS pour Haïti avait d’abord été reconduite en 2024 pour 18 mois, soit jusqu’au 3 février 2026. Mais dès février 2025, la période de désignation a été abrégée, passant de 18 à 12 mois, ce qui repoussait l’échéance à août 2025. En juillet 2025, le département de la Sécurité intérieure (DHS) a annoncé son intention de mettre fin à la TPS pour Haïti, initialement prévue pour le 2 septembre 2025. Toutefois, une décision de la cour fédérale de New York a bloqué cette suppression anticipée, rappelant que le statut ne pouvait être abrogé avant la date initiale du 3 février 2026. Avec l’annonce du 26 novembre 2025, le DHS confirme qu’il ne prolongera pas la TPS : les protections resteront valides jusqu’au 3 février 2026.
De la protection à l’inquiétude ?
Cette décision suscite beaucoup d’inquiétude, que ce soit au niveau national et international. La situation en Haïti reste très instable, l’insécurité grandissante face à la montée des groupes armés dans le pays, en particulier dans la capitale, qui selon l’ONU, 85% est sous le contrôle des groupes armés. Ce qui entraîne une violence généralisée et des déplacements massifs. Beaucoup de citoyens se réfugient dans des camps ou des abris à la merci du ciel, pour échapper à la terreur des groupes armés.
Au niveau politique, le pays connaît une instabilité chronique, les dernières élections pour le renouvellement du personnel politique remontent à 2015 et 2016. Depuis après l’assassinat dernier président élu d’Haiti, Jovenel Moïse, le 7 juillet 2021, le pays n’a pas de gouvernement légitime et fonctionne sans parlement.
Les dirigeants semblent ne pas vouloir organiser les élections pour doter le pays d’un gouvernement constitutionnel et légitime, pendant ce temps la présidence du pays compte 9 têtes, pour des résultats invisibles. Des facteurs qui, selon de nombreux observateurs, rendent dangereux un retour hâtif.
À l’échelle internationale, plusieurs associations et organisations de défense des droits humains dénoncent un acte perçu comme injuste et inhumain, susceptible de déstabiliser des familles qui vivent depuis longtemps aux États-Unis.
Certains groupes de défense comme l’American Immigration Lawyers Association, ont déjà annoncé leur intention de porter l’affaire en justice, invoquant des vices de procédures, semblables à ceux qui avaient bloqué les tentatives précédentes de la suppression du TPS.
L’Haitian Bridge Alliance, qualifie de dangereuse, prématurée et moralement inacceptable cette décision. L’Alliance déclare que la décision du DHS de mettre fin au TPS pour les Haïtiens aux États-Unis était erronée. « Soyons clairs, la fin du TPS pour Haïti n’est pas une décision politique, c’est un acte de violence contre les migrants noirs. Lorsque le gouvernement américain choisit sciemment de renvoyer des personnes dans un pays en proie à une crise profonde, il s’agit d’une cruauté cautionnée par l’État. Cela nous rappelle que la vie des immigrants noirs est encore considérée comme négligeable par un système fondé sur la hiérarchie raciale, l’antiracisme et l’exclusion. », a déclaré sa directrice Guerline Jozef.
La fin de la TPS pourrait avoir des conséquences économiques et sociales importantes
Les migrants concernés par cette décision s’attendent à se retrouver sans emploi après le 3 février, à l’incertitude de rester aux USA, voire à se séparer de leur famille. Ce qui provoque déjà le stress chez ces personnes.
Cependant, il est à noter que chaque migrant haïtien représente une soupape pour les membres de sa famille qui dépendent beaucoup de l’argent de la diaspora. Cette décision ne sera pas sans conséquence sur les familles haïtiennes mais aussi sur l’économie haïtienne qui dépend en grande partie de la diaspora haïtienne, particulièrement des USA.
Quelles options pour les haïtiens concernés ?
Ceux qui bénéficient actuellement de la TPS restent protégés jusqu’au 3 février 2026, mais devront anticiper l’expiration en cherchant un autre statut légal leur permettant de rester dans le pays de l’oncle Sam. Dans le cas contraire, ils doivent se préparer à un retour éventuel.
L’administration américaine parle d’un processus de retour volontaire, sécurisé et pratique qui inclut un billet d’avion gratuit, une prime de départ de 1000 dollars, ainsi que de potentielles opportunités futures d’immigration légale vers les États-Unis.
S’il est vrai que certains militants, associations et élus appellent à de nouvelles actions légales ou à un nouveau geste humanitaire pour repousser la date d’expiration, la décision du DHS semble ferme pour l’instant.





