La « Fondation Je Klere (FJKL) » publie un rapport de 13 pages le 4 mars 2026. L’organisme des droits humains analyse trois contrats signés par l’État haïtien et conclut que : « les intérêts de l’État ne sont pas protégés ».
L’État haïtien a conclu un contrat avec « METRIC FACILITY S.A », en partenariat avec « METRIC MANAGEMENT INC » et « TRANSCARIBBEAN ENERGY PARTENERS & CONSULTING S.A ». L’obligation de ces compagnies réside dans la conception, la construction, l’exploitation et l’entretien de trois prisons modernes. Les sites retenus sont Port-au-Prince, Jacmel et Fort-Liberté.
Ce contrat s’exécute sur une période de cinquante ans. « Haïti s’engage à payer une occupation minimale de 75 % de chaque bâtiment pénitentiaire mis en service », rapporte la FJKL.
Le tarif est de vingt-deux dollars américains (22,00 USD) par détenu et par jour. En cas d’inflation, ce montant pourra être ajusté.
Les douanes sous contrôle étranger
Selon la FJKL, le deuxième contrat a pour champ d’application de contrôler « les postes douaniers terrestres, maritimes et aériens ; les zones économiques spéciales et installations portuaires critiques ; les bases opérationnelles frontalières ». Il est conclu pour dix ans avec « Evergreen Trading System Limited ». Pour lancer ce projet, l’État haïtien s’engage à verser 13 millions six cent mille dollars US à la firme.
Suite à sa mobilisation, une redevance mensuelle de 3 % de la valeur totale des importations enregistrées par les douanes haïtiennes doit être versée à la firme. Une redevance de performance de 20 % est également prévue pendant les trois premières années suivant la mobilisation de montants additionnels de recettes fiscales et douanières collectées ou générées spécifiquement par les opérations de l’Unité PoliFRONT au profit de l’Administration Générale des douanes (AGD), au-delà d’un seuil annuel plancher de Quatre Cent Cinquante-huit millions de dollars américains ($458,000,000.00 USD) de recette perçue par l’Administration Générale des Douanes (AGD) » d’après le rapport. Or, « l’AGD dépassait ce seuil annuel plancher depuis l’exercice 2022-2023 », rappelle la FJKL.
52 millions pour rétablir la sécurité
Le troisième contrat est signé avec la société « Windward Wyoming LLC ». Il vise à rétablir la sécurité et la stabilité en Haïti, en particulier dans la région de Port-au-Prince. Son objet est de fournir un soutien tactique, technique et sécuritaire à la Police nationale haïtienne (PNH).
La compagnie a promis de neutraliser les chefs des groupes armés et de libérer Croix-des-Bouquets/Malpasse en deux semaines. Elle s’est également engagée à ouvrir la route vers Mirebalais et celle de Port-au-Prince à Saint-Marc d’ici le 18 mai 2025.
« L’État haïtien se serait engagé pour la somme de cinquante-deux millions de dollars américains pour un an », mentionne le rapport. La FJKL dénonce une liquidation de la souveraineté nationale.
Ces trois contrats portent les signatures de hauts responsables de l’État haïtien. Le ministre de la Justice et de la Sécurité publique Patrick Pélissier, l’ex-ministre de l’Économie et des Finances Alfred Fils Metellus, Paul Antoine Bien Aimé et Jean Michel Moïse figurent parmi les signataires.
Ces accords ont été approuvés par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. La FJKL conclut que « les intérêts de l’État ne sont pas protégés » dans ces contrats.
L’organisme des droits humains appelle à une révision urgente de ces engagements controversés. Il dénonce une liquidation de la souveraineté nationale via des contrats léonins.






