Le président américain Donald Trump a récemment déclaré vouloir récupérer l’argent de l’aide américaine envoyée à l’Ukraine, en demandant des compensations sous forme de terres rares et de pétrole équivalent à 500 milliards de dollars.
« On demande des terres rares et du pétrole, n’importe quoi qu’on puisse obtenir », déclare le locataire de la maison blanche, lors du grand rassemblement annuel des conservateurs (la convention CPAC), le 22 février 2025, près de Washington. Néanmoins, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a refusé de signer un accord offrant un accès privilégié aux minerais ukrainiens.
Avec cette déclaration et le revirement des États-Unis après l’échange téléphonique entre Washington et le Kremlin le 12 février dernier, la volonté de pacifier l’Ukraine sert l’intérêt économique de la Maison Blanche.
Après avoir accusé le président ukrainien d’être le responsable de la guerre russo-ukrainienne, Trump a qualifié le président ukrainien Volodymyr Zelensky de dictateur et a affirmé que sa présence aux négociations pour la paix n’était pas très importante.
Ainsi, Trump a pris des positions proches de celles du Kremlin, ce qui inquiète les capitales européennes.
Vagues de solidarités européennes envers l’Ukraine
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a réaffirmé l’importance de soutenir l’Ukraine face à la Russie et a annoncé de nouvelles sanctions contre Moscou pour marquer le troisième anniversaire du conflit. Il insiste pour faire savoir qu’il est dans l’intérêt du Royaume-Uni de soutenir l’Ukraine avec des garanties de sécurité.
Le ministre des Affaires étrangères du Royaume-Uni, David Lamy, affirme que Londres continue de fournir un soutien militaire crucial à Kiev, avec une aide annuelle de 3 milliards de livres.
De son côté, le président Emmanuel Macron a exprimé le soutien de la France à l’Ukraine. Macron a souligné l’importance de maintenir l’aide à l’Ukraine tout en prônant la garantie d’une sécurité « forte et crédible », en impliquant tous les acteurs.
De même, le chancelier allemand Olaf Scholz a « réitéré sa solidarité continue et indéfectible avec l’Ukraine » et a assuré que l’Allemagne continuerait à soutenir l’Ukraine en étroite coordination avec les partenaires européens et internationaux jusqu’à ce qu’une « paix juste, globale et durable soit obtenue »
Et dans la foulée, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a affirmé samedi qu’il n’était pas possible d’ imposer la paix en Ukraine et la sécurité de l’Europe. Rejetant cette conception de la loi du plus fort, il faut comprendre que « Se soumettre à l’agresseur ne ramènera pas la paix, au contraire, cela entraînera, comme l’a prouvé l’histoire, de futures agressions plus graves », selon lui.
Le chef du gouvernement espagnol se rendra à Kiev, à l’occasion du troisième anniversaire de l’invasion russe pour « réaffirmer le soutien de l’Espagne» à la démocratie ukrainienne.
L’expansionnisme, ça se craint en Amérique…
Depuis son installation à la Maison Blanche pour son deuxième mandat en janvier 2025, Donald Trump dérange avec sa visée expansionniste :des déclarations sur le Panama, le Groenland, Gaza et le Canada le témoignent.
En janvier, Trump a provoqué l’indignation au Canada en déclarant que le pays pourrait être intégré comme le 51e État des États-Unis. Ces propositions ont été perçues comme une remise en cause de la souveraineté canadienne.
Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, a rejeté les menaces d’annexion américaine en disant « vous ne pouvez pas prendre notre pays et vous ne pouvez pas prendre notre sport » après la victoire du Canada lors de la finale de la Confrontation des 4 nations.
Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a récemment critiqué Donald Trump en déclarant que Trump « essaie de se poser en empereur du monde ». Lula a insisté sur le fait que Trump a été élu pour gouverner les États-Unis, pas pour gouverner le monde. Il a également appelé Trump à respecter la souveraineté des autres pays et à faire preuve de plus de compréhension et d’amitié envers ses partenaires commerciaux.
À l’occasion de l’Assemblée générale de l’ONU qui se réunit lundi pour marquer le troisième anniversaire de l’invasion russe de l’Ukraine, Washington fait une proposition qui réclame « une fin rapide » du conflit en Ukraine sans faire mention du respect de l’intégrité territoriale du pays.