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À l’heure actuelle, la carte d’identification nationale, dite carte Dermalog, est une pièce incontournable pour l’obtention du passeport en Haïti. Pourtant, dès son apparition en septembre 2019, une partie de la population haïtienne, particulièrement certains leaders politiques et des gens de la société civile ont vivement critiqué la nouvelle pièce d’identification émise par la firme allemande Dermalog sous l’autorisation de l’Office Nationale d’Identification (ONI).

En septembre 2019, l’État haïtien de concert avec la firme allemande Dermalog, spécialisée dans la fabrication de dispositifs biométriques, ont paraphé un contrat relatif à la fabrication des cartes d’identification aux citoyens haïtiens. Par contre, des organisations du secteur politique et sociale ont contetesté cette mesure.

En effet, des personnes dites adversaires de l’administration d’à l’époque ont fustigé la nouvelle mesure pour cause de corruption. Malgré, les restrictions prises par les autorités concernées pour exiger les citoyens à retirer leurs cartes, ces derniers se sont dit que l’exécutif n’avait pas le droit d’imposer à la population un document sans avoir consulté les forces vives de la nation.

Suite à la nouvelle mesure du gouvernement américain pour faciliter des migrants venant de quatre pays, dont Haïti, à fouler le territoire américain d’une manière légale, des citoyens haïtiens regrettent d’avoir refusé de décrocher la Carte d’Identification Nationale Unique (CINU) au moment où l’Office Nationale d’Identification avait invité les citoyens à retirer la nouvelle carte émise par la firme allemande Dermalog.

La Carte d’Identification Nationale Unique devient incontournable pour tous les haïtiens et haïtiennes qui souhaitent appliquer au programme de « Humanitarian Parole » car pour y appliquer il faut avoir un passeport. Pourtant, certains d’entre eux ont refusé de retirer la Carte Dermalog qui est l’une des pièces maîtresses pour avoir accès au droit de passeport.

Pour l’instant, la situation semble un peu débordée au sein de l’ONI pour obtenir une carte identification nationale. On a pu constater de longues files d’attente par devant tous les bureaux de l’Office Nationale d’Identification, y compris la direction centrale de ladite institution. Des demandeurs se plaignent et critiquent les autorités compétentes pour n’avoir pas assumé leurs responsabilités.

Nous vivons dans une société où l’État est irresponsable

Dimitri Duvergé, 29 ans, originaire des Cayes, accuse les autorités étatiques d’irresponsables. « Nous vivons dans une société où l’État est irresponsable » dénonce-t-il lors d’une interview accordée à la rédaction Vive Voix Info sur la situation lamentable des haïtiens qui ne savent pas à quel Saint se vouer pour décrocher la carte d’identification nationale au sein de l’ONI.

Outre des personnes venant récupérer la carte Dermalog, on a également remarqué d’autres individus qui sont venus pour des erreurs matérielles. Cela dit, dans leur document il y a eu des fautes soit dans leur nom, prénom, date de naissance, entre autres. Dans ce cas, Rosny Myrtil est l’une des personnes qui fait face à ce genre de difficulté.

 J’ai récupéré ma carte depuis six mois, mais j’ai pu voir une erreur matérielle dans mon nom de famille, car on m’appelle Rosny Myrtil, mais l’ONI a écrit Rosny Mirtil. Depuis plusieurs semaines j’ai demandé aux responsables de l’ONI de porter la rectification dans le document, malheureusement je n’ai pas encore reçu une réponse positive.- relate-t-il.

J’ai récupéré ma carte depuis six mois, mais j’ai pu voir une erreur matérielle dans mon nom de famille, car on m’appelle Rosny Myrtil, mais l’ONI a écrit Rosny Mirtil, a-t-il déploré. Depuis plusieurs semaines j’ai demandé aux responsables de l’ONI de porter la rectification dans le document, malheureusement je n’ai pas encore reçu une réponse positive, poursuit-il.

Après la demande de la carte dermalog à l’Office Nationale d’Identification, le délai moyen pour l’obtenir est 22 à 30 jours ouvrables. Une situation alarmante qui cache de profondes disparités dépendamment des régions. Car, même dans la capitale, les délais sont particulièrement inquiétants. En effet, la carte met en lumière la situation alarmante de l’égalité d’accès aux pièces d’identité.